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jeudi 5 mars 2020

désamorce de l'instant…


Un mouvement d'humeur du corps dans une configuration inattendue permet de désenclencher les choses.

En laissant passer les faits, justes certains, 
en fermant les yeux assez fort pour que percent des formes lumineuses 
inachevées et innommables, étranges et hypnotiques…

Un signal s'active, l'objet devient indescriptible. Le cerne d'une catégorie préexistante est désarmais inaccessible…

………………………………………………………………………………………………




Tout reste à la surface, flotte…
Au bout d'un temps, tout se disperse, se dissocie.
(quelque chose se précise)
Il reste la chaleur, le froid, un piquant, une douceur, le salé, l'épicé, l'acide, le sucré, le sec, le croquant, le velouté, mou, dur, râpeux… le poids, la légèreté.

– le paysage est désamorcé, toute contamination est stoppée  –
On perçoit des façades, des dehors… suspendus.





mercredi 12 septembre 2018

Couleurs…


On ne peut pas vivre en étant invisible
Jonas T. Bengtsson – À la recherche de la reine blanche.






Pour nos ancêtres, il n’y avait pas de doute : 
le blanc était une vraie couleur. 
[…]
Michel Pastoureau – Couleurs



vendredi 31 août 2018

Couleurs…

Rencontre…


Le poids des murs ferme toutes les portes.
Paul Eluard











*



Le bleu. Comme il est docile, comme il est discipliné. 
Le bleu est une couleur bien sage, qui se fond dans le paysage et ne veut pas se faire remarquer.
Dominique Simonnet




Sentir les coups sur ses bras, ses mains, son abdomen, ses cuisses l’avait (souvent/parfois* – l’information nous échappe encore à ce niveau ; le temps et la fréquence sont des notions compliquées) soulagé. 
Au départ, la peur l’avait un peu retenu. À présent, les heurts tombaient, toujours contrôlés, mais plus violents. Le bleu sur son corps était de plus en plus soutenu, les marques étaient de plus en plus nombreuses. Il ne voulait pas le casser, ni vraiment l’abîmer, il voulait juste faire passer l’autre douleur, souffler un peu, décoincer cette chose bloquée au creux de ses côtes, ce truc qui enfonçait et immobilisait son diaphragme, ce poids qui lui écrasait la trachée, l’empêchait de crier, coinçait ses mots.


Lorsqu’il frappait, il ressentait le choc, il percevait la douleur, sa diffusion autour de l’impact. Il voyait le rouge monter, la peau se gonfler…
La sensation restait encore après que le rouge s’était dissipé.
Quelques heures plus tard, le lendemain, parfois cela mettait plus de temps, du bleu, du violet, du pourpre ou du brun remontait à l’endroit des coups. La sensation cotonneuse, lourde, quelque fois aigüe, chaude, persistait quelques jours, parfois avec de petits lancements.
La douleur l’enrobait d’un soulagement, lui rendait une respiration.





samedi 4 août 2018

Couleurs…



Comparaison…
Quelle surprise de ne pas percevoir de lignes vertes, bleues ou violettes sur le ventre de Paul.
Cela signifie-t-il que son ami ne soit pas humain, que le corps de Paul, son organisme ne contienne pas de sang ; qu’il soit un extra-terrestre ? …ou même, n’existe pas ?
Au fur et à mesure des jours, du temps, il en aperçoit d’autres dont les bras, les paupières, les côtes, les jambes ne portent aucune trace de ce réseau, de ces motifs… Pourtant il en voit saigner certains – il s’en évanouit, en « perd connaissance ». 

Son corps à lui porte continuellement de la couleur… des teintes similaires à celles qu’il peut observer dans le ciel, selon l’écoulement du jour : aube, aurore, crépuscule, lever du soleil, journée, soir, coucher du soleil, crépuscule, nuit… Son corps prend facilement les tons du ciel… Le seul qu’il ne parvient jamais à saisir est la teinte de l’orage, du temps pluvieux ; sur son corps, le gris ne prend pas.



mercredi 4 juillet 2018

Couleurs…



À force de les avoir sous les yeux, on finit par ne plus les voir. 
En somme, on ne les prend pas au sérieux. Erreur ! 
Les couleurs ne sont pas anodines, bien au contraire. 
Elles véhiculent des codes, des tabous, des préjugés […], 
elles possèdent des sens variés qui influencent 
profondément notre environnement, nos comportement, 
notre langage et notre imaginaire.
Dominique Simonnet



Première observation
Lorsque la température atteignait des pics, sa peau devenait bleue ou rouge, et il avait remarqué qu’il pouvait tracer des dessins blancs dessus. La couleur de fond disparue et la sensibilité retrouvée, le trait passait du blanc au rouge et gonflait en picotant… 
Le trait rouge persistait un peu plus longtemps, mais au bout d’un jour ou deux, toute trace s’était évanouie.



samedi 23 juin 2018

Cassandre Oz (chapitre 03)


* * *



Blanc, pivoine, neige, écrevisse, linge, rouge… ces couleurs successives lui donnent la sensation d’être un point clignotant, une sorte de phare criant, un signal d’alerte inévitable. Il a le sentiment d’être trahi, perceptible, manifeste et son travail contaminé, falsifié. Sa recherche lui semble désormais impossible. 
      Il doute continuellement de sa non-remarquabilité. Il en vient à penser qu’on ne peut plus l’ignorer. Et si on le perçoit, qu’on prend sa présence en considération, forcément, on agit en conséquence. Cela tourne dans sa tête… 
Ses analyses se trouvent donc faussées ! Tout ce qu’il fait, énonce est biaisé, factice.

Peut-être faudrait-il qu’il opère autrement. Il pourrait entamer une observation panoramique et globalisante du quotidien, de ce qui l’entoure. Il pourrait se lancer dans une étude du vivant, sur le vif et en immersion. Pourquoi pas un visionnage formel et continu, un mouvement inclusif et une mise en rapport actif avec le sujet, une implication personnelle ? 
Mais il n’a aucune idée de la marche à suivre pour cela. 
Accoutumé à une investigation continue, la vie de Cassandre Oz s’était petit à petit organisée autour de ses recherches sur le Cercle. Tout dans son existence s’était orienté autour de ces phénomènes et de leurs observation & analyse. Au fil des ans, son regard, son esprit avaient été éduqués à ne plus voir, appréhender, digérer, penser… en dehors de ces biais, selon ces critères d’évaluations, au rythme d’étapes protocolaires. Il avait perdu l’habitude et même la faculté de regarder sans filtre, fin ou dessein.                                                                                                                                                                                                                                                                         
      Pris dans l’engrenage de son enquête, son étude, en 20 ans d’expérience, Cassandre Oz était devenu un observateur, un spectateur, un témoin total ; un élément extérieur, neutre. Le Dr. Oz était devenu un chercheur exceptionnel, invisible, …étranger à la vie normale, commune, réelle…
L’éminent professeur Oz s’est éteint ce matin à la suite d’une crise chromatique.



mercredi 20 juin 2018

Cassandre Oz (chapitre 02)


* * *



Cependant, depuis quelques temps, Cassandre est pris de doutes. Ses formules ne lui semblent plus si fondées, ses analyses et déductions lui paraissent erronées, injustifiées. Il n’ose plus écrire, plus rien dire, exprimer. À vrai dire, il n’ose plus grand chose. La peur le prend au ventre, souvent, n’importe où. La honte l’escalade continuellement. 

       L’objectivité n’existe pas … tout est relatif … l’erreur est humaine … et puis le ridicule ne tue pas ! Tout cela est certainement vrai, mais cette idée d’erreur, cette ombre du doute, ce spectre de l’absurdité, ça bloque, ça donne des sueurs froides… ça fait rougir ! 
       Le rouge, Cassandre le porte mal, surtout sur place, d’autant plus à l’arrêt. Avoir le rouge aux joues après une course est acceptable, aux yeux après vingt longueurs, pas désagréable, mais comme ça, dans l’inaction, il ne le supporte pas. 
       Puis, alternativement, passer par le blanc, le livide… n’est pas plus acceptable.

Arrêter les choses, les décomposer, en scruter les éléments à la loupe ou au microscope, les analyser avec le recul nécessaire, une distance neutralisante… Il n’est plus certain de sa formule ni de son processus de décryptage. 
      – Décortiquer, inspecter tous ces rapports, tous ces signes ou signaux du dehors, est-il le processus adéquat ?
      – Prélever, échantillonner, isoler les différents éléments, examiner chaque détail est-il vraiment juste, sensé ? 
      – Comment un extrait pourrait-il restituer l’essence d’un phénomène ou en déterminer la cause ? 
      Observer, collecter, relever, noter, annoter puis étudier a posteriori constitue-t-il le procédé le plus pertinent pour lire, analyser et comprendre les relations, la communication, le langage ?
Tout cela lui semble tellement absurde, saugrenu, inepte…




dimanche 17 juin 2018

Cassandre Oz (suite 01)


Depuis qu’il s’est lancé sur le sujet, il ne s’en est plus détourné. Il lui a donné tout son temps et n’a jamais remis en question ni sa démarche ni son protocole. Ses analyses lui ont toujours semblé justes et logiques, répondant à un raisonnement fondé, élaboré selon des critères et des données scientifiques.
      Observer, contempler, scruter, considérer, parcourir, lorgner, examiner, fixer. Son travail le passionne. 
Tous les matins, il se lève avec enthousiasme pour s’y remettre. Lorsqu’il n’est pas sur le terrain pour prélever le matériel nécessaire à son investigation, c’est avec autant d’entrain qu’il pénètre dans son bureau, se rend à la bibliothèque ou dans différents centres de recherche, dans divers lieux de documentation ou archivage. Il se demande même parfois si s’attabler à ses notes, aux échantillons qu’il a récoltés in situ ne lui procure peut-être même pas plus de plaisir.
      Examiner, analyser, développer, déduire, conclure, rédiger. Son travail est fascinant !
      …
      Se lancer à corps perdu, ne dit-on pas ? 
      Cela fait des années qu’il se donne « corps & âme » à son travail, qu’il s’y consacre complètement, s’y « implique » entièrement. Au fil des ans et des cas, il a le sentiment d’avoir assis son propos et bien étayé sa recherche. Issues de raisonnements éprouvés, ses hypothèses, ses déductions, lui semblent avoir atteint l’état de connaissances. De nombreux chercheurs évoquent ou s’appuient d’ailleurs désormais sur son étude et ses résultats.
      …
      Quotidiennement, Cassandre Oz s’adonne consciencieusement à sa recherche.











jeudi 14 juin 2018

Cassandre Oz…


  Cassandre Oz est journaliste & chercheur en relation et communication humaine. Il est reconnu comme l’un des plus grands spécialistes du Cercle. 
Son quotidien consiste dans l’examen méticuleux de l’ordinaire et de l’infime de la vie. C’est un observateur hors paire des liens familiaux, des signes et symptômes familiers, et un éminent débusqueur de sens qui excelle entre autres dans le décryptage du non-dit, des gestes invisibles et des micro-réactions. 
L’observation et l’étude du normal nécessite le naturel du sujet, une pureté de son action. Pour cela, l’environnement de ce dernier ne doit en rien être perturbé, influencé… Avec les années, Cassandre Oz a développé une faculté d’invisibilité assez remarquable. Il est capable de se fondre dans n’importe quel décor, de se faire instantanément oublier.
Cassandre Oz est de taille moyenne, assez fin, châtain, les yeux brun-noisette. Il porte des escarpins à semelle souple et des vêtements aux tonalités grises plus ou moins claires ou foncées, parfois un peu d’écru, ou des teintes entre le gris et l’écru comme des nuances ficelle ou lin. Son odeur est trop peu remarquable pour attirer l’attention, sa respiration inaudible, son rythme calqué, ajusté selon les êtres et éléments qui l’entourent, ses mouvements ne déplacent pas d’air… Cassandre Oz est un excellent agent de terrain.



samedi 19 mai 2018

Reconnaissance de paysage…


Il avait mis au point un système de reconnaissance de paysages… une machine infernale, capable, au contact de mutilations, de reconnaître l’espace de leur création. À l’aspect de leurs formes, aux couleurs qu’ils prenaient, selon leur étendue, la manière dont ils s’effaçaient, s’estompaient… le dispositif s’activait et parvenait à déterminer leur nature et leur origine.

On aurait dit une sorte de miroir bizarre… La structure était froide et propre, réfléchissante, coupante, aux formes pures et géométriques. Passé par elle, tout était inversé, renversé d’un coup ; dévoilé à l’envers, présenté sur l’envers, exposé au revers.
Sur le dessus de la machine on pouvait lire :
« Attention ! Les mutilations ont un sens, les insérer à l’endroit. 
Ne pas forcer, leurs tracés, leurs marques sont fragiles. 
Si le paysage ne rentre pas c’est que vous vous êtes trompé de sens. Réessayez. »

La machine ne fonctionnait qu’avec les paysages, des paysages sans être. Des paysages réels, concrets. Pour les natures mortes c’était variable. Une nature morte intitulée Peau d'âne (un paysage immense et vert, planté – sous un ciel silencieux à la fois de lune et de soleil, baigné du jour et de la nuit – d’arbres au troncs immenses et sommets au feuillage vert mousse, représentant un sentier très étroit et à peine visible au milieu d’une pelouse vert sapin sans fin, au bord duquel, à mi-hauteur du tableau, à l’ombre d’un buisson d’arbustes sans forme, était posé un coquillage renfermant entortillés, enfoncés, une fourrure grise, une boule de plumes blanches et une toison frisée au ton pâle…) avait pu pénétrer et avait révélé une masse colorée intéressante, foisonnante, fascinante… et insoutenable ! Une interprétation tout à fait normale, classique.




mardi 15 mai 2018

J'ai piscine… (et deux carottes)

 – réflexions

L’image du temps devrait être un lièvre, ou un lapin – petit, blanc, rapide.
Au lieu de cela, c’est plutôt à la vue d’un escargot qu’on se dit peut-être, vraiment, être face au temps, à un temps qui passe.
Dans la nature – en réalité – se retrouver face à un lièvre ou un lapin blanc est quasi impossible. Si cela arrive, il ne peut s’agir que d’un moment furtif, d’un instant éphémère… ou, s’il dure un peu, ce ne peut vraisemblablement qu’être un arrêt du temps, une crainte, une tétanie partagée ; un espace extra-ordinaire. 
La plupart du temps – en temps normal –, si on l’attend, on le manque, on le rate…

L’idée d’une quatrième dimension est plaisante, cela introduit du mystère et un sentiment d’exploration possible. À l’application de cette formule, le temps semble pouvoir être neutralisé et étudié – disséqué. L’imaginer tiré à quatre épingles, étiré, retroussé, découpé, décomposé lui donne un attrait, si ce n’est amusant, du moins fascinant… Bela se représente la fourrure blanche ouverte sur l’intérieur rouge, brun, nervuré de bleu, vert et violet… Souffrant d’un problème de convergence, il a déjà du mal à voir en trois dimensions, alors quatre ?

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La vision du « léporidé » est très large. Du fait de la position latérale de ses yeux, elle peut atteindre un angle approchant 360°, mais seulement à plus d’un mètre. En-deçà de cette distance, un lapin ne perçoit pas (bien) ce qui se trouve en face, sur le bout de son nez. 
Du fait de cette vision latérale, il a également du mal à évaluer les distances et les profondeurs, ce qui lui vaut parfois de belles chutes et lui permet de distinguer deux images simultanément – appréhender ce qui se passe devant son œil droit et son œil gauche dans un même temps, sans rencontre.
– le lapin serait donc un animal obligé de prendre du recul pour distinguer, discerner, mais serait capable de considérer deux images en même temps…


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Il paraît qu’il faut prendre son temps et trouver sa place… Pour trouver son espace, on peut sans doute le faire à la manière de Boucle d’or, tester la grande, la moyenne, la petite chaise… ou si le culot manque, on peut sans doute mettre à l’eau un bateau de papier et le suivre. 
Mais le temps, comment s’attrape-t-il ?



lundi 7 mai 2018

Arsène Blanc




Depuis quelques temps, il exprime des intérieurs. 
Il dessine des pièces. Il représente leurs murs, leurs portes, leurs fenêtres, des couloirs, des escaliers, s’attarde aux meubles, mobilier, peintures et papiers peints, aux « décorations », aux objets, aux tableaux, aux bibelots, aux éléments qui habitent ces lieux.
Il se dit parfois qu’il les présente seulement, car c’est la première fois qu’il les fait visiter, qu’il laisse quelqu’un y pénétrer, s’y introduire.

Quand il y réfléchit, il trouve cela étrange, absurde… 

…
Eh ça y est ! Il perçoit bien qu’un « je » est là, qu’il est apparu dans cet intérieur. Il voit cette idée, cette question d’extrait poindre… 
Poindre ou pointer ?

Selon le dictionnaire, poindre signifierait piquer ; provoquer une souffrance physique aigüe ; blesser violemment, provoquer une souffrance morale aigüe ; apparaître sous forme de pointe, apparaître, se faire jour. Pointer serait, selon qu’il soit transitif ou intransitif,  donner des coups de pointe d’une arme blanche ; planter, enfoncer dans ; marquer d’un point ; soumettre à un contrôle ; faire saillie, avancer en pointe ; monter en flèche ; (se) dresser ; (se) diriger vers ; désigner ; orienter vers.

Les deux conviendraient. Pointer irait peut-être mieux avec l’idée d’une construction. Poindre évoquerait un dévoilement.


***


Il voudrait s’extraire, s’effacer de son imaginaire, de ses images. 
Comment faire qu’il n’y ait qu’un jeu, juste, « simplement » une fiction ? Comment écrire, décrire une construction complètement étrangère à lui, autre que lui ?

Du fait qu’il inscrive « il », il voudrait, souhaiterait son absence. Il se dit aussi que peut-être en passant au « elle », ce serait plus flagrant… mais peut-être trop. Un neutre serait mieux. Mais il n’en existe pas (en français ; devrait-il changer de langue ?). 
Pourquoi pas un « on », « on » est assez neutre et même indéterminé en nombre. Mais « on » semble porter une inclusion possible…

Il reste donc au « il ». 
Mais dès lors qu’il écrit, dit « il », il pose un regard, son regard, et donc sa présence.
Il faudrait donc peut-être passer par un « je » fictif, un je-construction,  je-composition, la prise d’un rôle, pour pouvoir s’absenter, mieux disparaître. Par le « je » imaginaire, l’être créé est un « autre » sous l’apparence, les traits de soi. Un autre, avec quelque chose de soi, un double, un mélange, un hybride. Un « je » construit à partir du « je » réel, inventeur, et d’un « autre » imaginaire-imaginé ; un « je » voulu, désiré, construit, modelé, composé, réfléchi, adéquat, joué, activé.


Pourtant, pour le lecteur, ce « je » semble contenir une ambiguïté qui impliquerait plus l’auteur qu’un « il »…


***



Arsène Blanc écrit presque toujours à la troisième personne. Il écrit sous un pseudonyme ; Arsène n’est pas son prénom, ni Cléo, Cassandre, Élie, Bela, Lysandre ou Louison. Arsène Blanc n'existe pas.
 (vraiment)



samedi 14 novembre 2015

vendredi 7 mars 2014

sage*… – comme une image (insomnie n°59)



* Qui a la capacité de  comprendre et de juger justement les choses…



vendredi 15 mars 2013

"marrisson"…





marrisson
nf  (mâ-ri-son)
Terme tout à fait hors d'usage. Tristesse, chagrin.
Petrarque… Eût de marrisson pleuré comme une vache. 
Régnier, Satires.



mardi 9 octobre 2012

Dans la vaste maison avec des poules, une cane et des jumeaux, au fond du parc sauvage, juste au bord du vieux bassin abandonné, sans eau…



Elle ouvrit les yeux. La clarté qui emplissait la pièce n'était pas celle du jour. Pas celle de l'ampoule nue du plafond. Personne n'avait allumé la lampe du bureau. La lumière venait de la fenêtre à droite. La grande fenêtre sans volets, sans rideaux, dont les vitres n'étaient pas couvertes de peinture bleue, comme à la maison, à Toulouse. La fenêtre en face d'elle était noire. Noire de nuit et d'arbres. La tête dans l'oreiller, elle refaisait connaissance , dans la clarté douce, avec cette pièce inconnue où on l'avait mise à dormir sur le "cosy". "Cosy" ne désignait pas le capuchon en étoffe dont sa mère couvrait la théière, mais un divan, engoncé dans une encoignure meublée.
Parc Sauvage, Jacques Roubaud






lundi 19 septembre 2011

dimanche 18 septembre 2011

samedi 17 septembre 2011

vendredi 16 septembre 2011