mardi 9 octobre 2012

Dans la vaste maison avec des poules, une cane et des jumeaux, au fond du parc sauvage, juste au bord du vieux bassin abandonné, sans eau…



Elle ouvrit les yeux. La clarté qui emplissait la pièce n'était pas celle du jour. Pas celle de l'ampoule nue du plafond. Personne n'avait allumé la lampe du bureau. La lumière venait de la fenêtre à droite. La grande fenêtre sans volets, sans rideaux, dont les vitres n'étaient pas couvertes de peinture bleue, comme à la maison, à Toulouse. La fenêtre en face d'elle était noire. Noire de nuit et d'arbres. La tête dans l'oreiller, elle refaisait connaissance , dans la clarté douce, avec cette pièce inconnue où on l'avait mise à dormir sur le "cosy". "Cosy" ne désignait pas le capuchon en étoffe dont sa mère couvrait la théière, mais un divan, engoncé dans une encoignure meublée.
Parc Sauvage, Jacques Roubaud






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