jeudi 20 août 2020

Le dit du mistral…


C’est l’histoire de mondes si complexes, d’univers si absolus 
que des mots simples comme bonjour ou des phrases longues 
comme le bras ne sauraient les décrire. 
Lorsqu’il essaie de parler, les mots s’étranglent dans sa gorge, 
elle est bien trop petite pour laisser passer tout ce qu’il y aurait à dire. 
Il ressent tout un peu plus, il ressent tout un peu mieux, 
avec une intensité qui parfois lui fait peur. 
Lorsqu’il ferme les yeux, lorsqu’il imagine, les couleurs sont toujours plus vives, 
les sons toujours plus prenants, les odeurs toujours plus enivrantes. 
C’est l’histoire d’une réalité plus vraie. 
Lorsqu’il est avec les autres, le monde est moins intense,
 moins attrayant, comme si on avait mis un voile de coton 
sur tout ce qui l’entourait. Il se sent obligé de composer avec eux, 
de réduire la voilure de son monde pour le faire accoster dans leur port. 
Il flotte encore, mais s’arrime mal, comme deux pièces de Meccano 
qui ne vont pas ensemble. 
Olivier Mac Bouchard




mercredi 10 juin 2020

si…






[…la condition historique et ontologique de l’homme « oscille entre la création et l’adaptation, la témérité mortelle et la sécurité ».]
Carl Einstein


mardi 26 mai 2020

aquarium, vivarium, volière… cage d'escalier…



Il a traversé l’espace, dans la verticale, du ciel vers le sol.
L’atterrissage s’est fait dans un bruit sec.
Puis il a immédiatement disparu.




Un long son aigu a commencé à se répéter du couloir. Cela semblait venir de la chambre du fond… 
Le rideau de la porte-fenêtre bougeait étrangement. Le son sortait du lit…
Il était là, quasi immobile, en-dessous, agité, gigotant, se défendant mais ne s’enfuyant pas. À l'endroit où il se trouvait, le parquet était balayé de traces et d'éclaboussures rouges… Dans l’ombre, il était difficile de savoir d’où le sang venait. Un bruit étrange, derrière les longs cris aigus faisait comme une respiration aquatique chhhhhhhhhfrflfrfrflfrflchhhhhhffffffffffrflfrflfrflchhhhhhfffffffffffrflfrflfrflfrflfrflchhhhhhhhffffffffffrflfrflfrflfrflchhhhhhhhhfrflfrfrflfrflchhhhhhffffffffffrflfrflfrflchhhhhhffffffffffrflfrflfrflchhhhhhfffffffffffrflfrflfrflfrflfrflchhhhhhhhchhhhhhhhhfrflfrfrflfrflchhhhhhffffffffffrflfrflfrflchhhhhhfffffffffffrflfrflfrflfrflfrflchhhhhhhhffffffffffrflfrflfrflfrflchhhhhhhhh
Sa tête enfin visible, la gueule haletante, il était à peine perceptible, le trou, au niveau de l’arrête du nez… C’était un jeune siamois gris, les yeux bleus et humides… Les animaux sécréteraient donc également des larmes… Le petit museau noir rendait la distinction de la pièce manquante difficile, mais c’était bien de là que le liquide rouge perlait et que les bulles de la même couleur vive s’échappaient.

Il n’avait jamais vu ce chat, il ne savait pas d’où il pouvait venir. Il n’arrivait pas bien à comprendre ce qui avait pu se passer… Il n’avait pas vu la chute. 
Au bout de quelques minutes, il put enfin l’approcher. Dans ses bras, il se calma un peu… les cris s’espacèrent, jusqu’à s’éteindre pour ne laisser la place qu’aux sons de halètement, de respiration aquatique et de l’éclatement des bulles. Le liquide perlait toujours et les yeux mobiles et éperdus débordaient d’une larme visqueuse et transparente. 
Dehors, rien ; aucune traces, ni de lutte ni de sang donnant une trajectoire. Au bout d’un moment à regarder autour, par terre, avec l'animal dans les bras, et le sang qui commençait à mouiller sa chemise, et couler le long de ses avant-bras, il pencha sa tête en arrière. Il vit les balcons…
Il monta au premier étage, au deuxième. Rien. Le troisième lui paraissait trop haut, mais ne sachant quoi faire d’autre, un dimanche, il continua. Marche après marche, il se demandait quoi faire… il n’avait jamais eu de chat ou d’autres animaux – si ce n’est quelques insectes, escargots, chenilles, papillons, libellules, deux crapauds, un mulot, attrapés vers l’âge de 6 ou 7 ans et recueillis dans des bocaux aux couvercles pensés de trous, sur des lits d’herbe, des feuilles de salades, de coton ou avec un ou deux cailloux… "solution" qui lui paraissait inenvisageable. 

Arrivé au quatrième étage, une porte était ouverte. La jeune femme lui dit simplement que ce n’était pas la première fois mais qu’il ne semblait toujours pas comprendre.




Il paraît qu’il existe des chats « parachutistes ».






jeudi 21 mai 2020

(rien)


Dans ces parages, la perspective de quelques instants ne se laisse pas tomber.
Aucun risque que quiconque vienne escalader la nuit.
Il glisserait très vite sur les heures qui suivraient.

Un petit point noir approchait.
Sans le quitter des yeux, il caressait l’idée de partir.
Cependant, il le regarda grossir.

Dans la mesure où il avait à peine eu le temps de se retourner,
on ne le trouvera pas déplacé.
Il était visible que tout près de l’endroit où il se trouvait, 
rien n’avait non plus bougé.






Seul un instant était passé.





Le silence était irréel,
le calme était profondément oppressant,
…le désert était masqué.


(La théorie semblait avérée,
tout décrivait avec détails l’intérieur.)

Il se contenta de les mettre à la porte
et de regarder ailleurs.

Ils restèrent où ils étaient.



Entièrement ceint d’un grand mur blanc,
tout paraissait tout droit en sortir.


— rien ne le surprenait plus.



Il demeura stupéfait d'en avoir caressé l’idée.
Une idée ridicule bien sûr




dimanche 10 mai 2020

[le premier, celui qui a commencé, … ] [pourquoi]



[pourquoi] a-t-on besoin de connaître l'origine ?
le pourquoi, le début, le comment ?
l'œuf ou la poule
la poule ou l'œuf
…le coq
lever du soleil, chant de coq
chant du coq, lever du soleil
le matin apparaît-il parce que le coq a chanté
ou le coq se met-il à chanter parce que le matin va arriver ?
…puis le jour s'écoule pour laisser place à la nuit

les choses ont-elle une cause, une raison, ou simplement un ordre ?



"C'est dans l'ordre des choses"
C'est normal, c'est comme ça, il n'y a donc aucune question à se poser.


mardi 5 mai 2020

lundi 4 mai 2020

sans titre.






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« Mortinaissance »
Un arrêté royal du 17 juin 1999 définit en Belgique 
la mortinaissance comme « toute mort fœtale dont
 le poids de naissance est égal ou supérieur à 500 g. 
ou, si le poids de naissance n’est pas connu, 
ayant l’âge gestationnel correspondant (22 semaines) 
ou la taille correspondante (25 cm du vortex au talon) ».

En France, nous n'avons pas vraiment de mot 
pour ces « morts-en-naissances ». 
On parle d'acte d'enfant sans vie, enfant né vivant et viable
enfant né vivant mais non viable, enfant mort-né… 
Depuis un arrêt de la Cour de cassation en 2008, il n'existe
 théoriquement plus de seuil de poids ou de durée de grossesse
 s'opposant à la déclaration d'un enfant sans vie…