vendredi 12 mars 2021
vendredi 12 février 2021
dimanche 7 février 2021
lundi 1 février 2021
samedi 30 janvier 2021
vendredi 22 janvier 2021
lundi 18 janvier 2021
jeudi 14 janvier 2021
vendredi 1 janvier 2021
jeudi 20 août 2020
Le dit du mistral…
C’est l’histoire de mondes si
complexes, d’univers si absolus
que des mots simples comme bonjour
ou des phrases longues
comme le bras ne sauraient les décrire.
Lorsqu’il essaie de parler, les mots s’étranglent dans sa gorge,
elle
est bien trop petite pour laisser passer tout ce qu’il y aurait à dire.
Il ressent tout un peu plus, il ressent tout un peu mieux,
avec une
intensité qui parfois lui fait peur.
Lorsqu’il ferme les yeux, lorsqu’il
imagine, les couleurs sont toujours plus vives,
les sons toujours plus
prenants, les odeurs toujours plus enivrantes.
C’est l’histoire d’une
réalité plus vraie.
Lorsqu’il est avec les autres, le monde est moins intense,
moins
attrayant, comme si on avait mis un voile de coton
sur tout ce qui
l’entourait. Il se sent obligé de composer avec eux,
de réduire la
voilure de son monde pour le faire accoster dans leur port.
Il flotte
encore, mais s’arrime mal, comme deux pièces de Meccano
qui ne
vont pas ensemble.
Olivier Mac Bouchard
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mercredi 10 juin 2020
si…
[…la condition historique et ontologique de l’homme « oscille entre la création et l’adaptation, la témérité mortelle et la sécurité ».]
Carl Einstein
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mardi 26 mai 2020
aquarium, vivarium, volière… cage d'escalier…
Il a traversé l’espace, dans la verticale, du ciel vers le sol.
L’atterrissage s’est fait dans un bruit sec.
Puis il a immédiatement disparu.
Un long son aigu a commencé à se répéter du couloir. Cela semblait venir de la chambre du fond…
Le rideau de la porte-fenêtre bougeait étrangement. Le son sortait du lit…
Il était là, quasi immobile, en-dessous, agité, gigotant, se défendant mais ne s’enfuyant pas. À l'endroit où il se trouvait, le parquet était balayé de traces et d'éclaboussures rouges… Dans l’ombre, il était difficile de savoir d’où le sang venait. Un bruit étrange, derrière les longs cris aigus faisait comme une respiration aquatique chhhhhhhhhfrflfrfrflfrflchhhhhhffffffffffrflfrflfrflchhhhhhfffffffffffrflfrflfrflfrflfrflchhhhhhhhffffffffffrflfrflfrflfrflchhhhhhhhhfrflfrfrflfrflchhhhhhffffffffffrflfrflfrflchhhhhhffffffffffrflfrflfrflchhhhhhfffffffffffrflfrflfrflfrflfrflchhhhhhhhchhhhhhhhhfrflfrfrflfrflchhhhhhffffffffffrflfrflfrflchhhhhhfffffffffffrflfrflfrflfrflfrflchhhhhhhhffffffffffrflfrflfrflfrflchhhhhhhhh.
Sa tête enfin visible, la gueule haletante, il était à peine perceptible, le trou, au niveau de l’arrête du nez… C’était un jeune siamois gris, les yeux bleus et humides… Les animaux sécréteraient donc également des larmes… Le petit museau noir rendait la distinction de la pièce manquante difficile, mais c’était bien de là que le liquide rouge perlait et que les bulles de la même couleur vive s’échappaient.
Il n’avait jamais vu ce chat, il ne savait pas d’où il pouvait venir. Il n’arrivait pas bien à comprendre ce qui avait pu se passer… Il n’avait pas vu la chute.
Au bout de quelques minutes, il put enfin l’approcher. Dans ses bras, il se calma un peu… les cris s’espacèrent, jusqu’à s’éteindre pour ne laisser la place qu’aux sons de halètement, de respiration aquatique et de l’éclatement des bulles. Le liquide perlait toujours et les yeux mobiles et éperdus débordaient d’une larme visqueuse et transparente.
Au bout de quelques minutes, il put enfin l’approcher. Dans ses bras, il se calma un peu… les cris s’espacèrent, jusqu’à s’éteindre pour ne laisser la place qu’aux sons de halètement, de respiration aquatique et de l’éclatement des bulles. Le liquide perlait toujours et les yeux mobiles et éperdus débordaient d’une larme visqueuse et transparente.
Dehors, rien ; aucune traces, ni de lutte ni de sang donnant une trajectoire. Au bout d’un moment à regarder autour, par terre, avec l'animal dans les bras, et le sang qui commençait à mouiller sa chemise, et couler le long de ses avant-bras, il pencha sa tête en arrière. Il vit les balcons…
Il monta au premier étage, au deuxième. Rien. Le troisième lui paraissait trop haut, mais ne sachant quoi faire d’autre, un dimanche, il continua. Marche après marche, il se demandait quoi faire… il n’avait jamais eu de chat ou d’autres animaux – si ce n’est quelques insectes, escargots, chenilles, papillons, libellules, deux crapauds, un mulot, attrapés vers l’âge de 6 ou 7 ans et recueillis dans des bocaux aux couvercles pensés de trous, sur des lits d’herbe, des feuilles de salades, de coton ou avec un ou deux cailloux… "solution" qui lui paraissait inenvisageable.
Arrivé au quatrième étage, une porte était ouverte. La jeune femme lui dit simplement que ce n’était pas la première fois mais qu’il ne semblait toujours pas comprendre.
Il paraît qu’il existe des chats « parachutistes ».
jeudi 21 mai 2020
(rien)
Dans ces parages, la perspective de quelques instants ne se laisse pas tomber.
Aucun risque que quiconque vienne escalader la nuit.
Il glisserait très vite sur les heures qui suivraient.
Un petit point noir approchait.
Sans le quitter des yeux, il caressait l’idée de partir.
Cependant, il le regarda grossir.
Dans la mesure où il avait à peine eu le temps de se retourner,
on ne le trouvera pas déplacé.
Il était visible que tout près de l’endroit où il se trouvait,
rien n’avait non plus bougé.
—
Seul un instant était passé.
—
Le silence était irréel,
le calme était profondément oppressant,
…le désert était masqué.
(La théorie semblait avérée,
tout décrivait avec détails l’intérieur.)
Il se contenta de les mettre à la porte
et de regarder ailleurs.
Ils restèrent où ils étaient.
Entièrement ceint d’un grand mur blanc,
tout paraissait tout droit en sortir.
— rien ne le surprenait plus.
Il demeura stupéfait d'en avoir caressé l’idée.
Une idée ridicule bien sûr
…
dimanche 10 mai 2020
[le premier, celui qui a commencé, … ] [pourquoi]
le pourquoi, le début, le comment ?
l'œuf ou la poule
la poule ou l'œuf
…le coq
lever du soleil, chant de coq
chant du coq, lever du soleil
le matin apparaît-il parce que le coq a chanté
ou le coq se met-il à chanter parce que le matin va arriver ?
…puis le jour s'écoule pour laisser place à la nuit
…
les choses ont-elle une cause, une raison, ou simplement un ordre ?
"C'est dans l'ordre des choses"
C'est normal, c'est comme ça, il n'y a donc aucune question à se poser.
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mardi 5 mai 2020
lundi 4 mai 2020
sans titre.
Un arrêté royal du 17 juin 1999 définit en Belgique
la mortinaissance comme « toute mort fœtale dont
le poids de naissance est égal ou supérieur à 500 g.
ou, si le poids de naissance n’est pas connu,
ayant l’âge gestationnel correspondant (22 semaines)
ou la taille correspondante (25 cm du vortex au talon) ».
En France, nous n'avons pas vraiment de mot
pour ces « morts-en-naissances ».
On parle d'acte d'enfant sans vie, enfant né vivant et viable,
enfant né vivant mais non viable, enfant mort-né…
Depuis un arrêt de la Cour de cassation en 2008, il n'existe
théoriquement plus de seuil de poids ou de durée de grossesse
s'opposant à la déclaration d'un enfant sans vie…
lundi 20 avril 2020
jeu à articuler, ou pas…
C'est compliqué de demander pardon,
c'est un geste délicat, un équilibre entre raideur orgueilleuse
et contribution larmoyante et si l'on n'arrive pas à s'ouvrir à l'autre
en toute honnêteté, toutes les excuses paraissent fausses et creuses"
Paul Auster
toute cette colonie de lapins qui gambadaient, trottaient, grignotaient, traversaient son existence…
eux aussi s'étaient dissouts avec le reste…]
mercredi 15 avril 2020
hypothèse géno-narratologique sur fond de couverts…
Il est certains auteurs capables de voir dans une cuillère un régiment de soldats. De faire de cette image, venue peut-être au cours d’un dîner ou du souvenir d’un repas singulier ou même ordinaire, le début d’une histoire d’amour, le point de départ d’une aventure rencontrant tous les éléments…
Peut-être était-il, au moment de ce dîner, dans l’écriture de ce conte étrange, triste et beau, où terre et mer semblent imperméables. Cherchant comment aboutir, observant son assiette, perdu dans ses pensées, il croise un reflet sur son couteau… La flamme d'une chandelle, puis sa main, juste avant de tout évanouir en le prenant, le soulevant. C’est peut-être là qu’il décide que cet objet sera le nœud du dilemme final, le choix qui déterminera la fin.
Plus tard, sur le bureau, l'objet ne traverse le cœur d’aucun prince et la sirène du papier rejoint les airs au lieu de la mer…
Ayant ainsi mis fin à ce texte, l’écrivain s’est sans doute couché ; enfin débarrassé du doute, ayant tranché pour le fatalisme plutôt que pour une féérie à la chute douce – peu vraisemblable, très peu probable « dans la vraie vie ».
Soulagé de ce point posé, l'image du dîner lui est peut-être revenue en songe, en rêve. Voyageant, faisant aller ses yeux sur l’ensemble de la scène, dans la pièce entière, sur la table, les questions avaient peut-être commencé à se dessiner… Il se demandait peut-être comment cet élément l’avait soudain emporté ? … Pourquoi ses écrits devaient-ils laisser percer sa vie ? Pourquoi ce terme, ce reflet ? Comment sa plume se laissait-elle quérir, infiltrer, imbiber, colorer par son existence, ses émotions, ses souvenirs… son reflet ?
Porté par cette sans doute longue pensée, par ces questions, le tourbillon à un moment le submerge-t-il peut-être, puis se dissout, …peut-être s'envole-t-il vers ailleurs l’emmenant, le ramenant vers la table… À la gauche de son assiette, il croise peut-être alors cette cuillère lourde et profonde et s’y perd, y trouve autre chose, une amorce… Cette fois l'histoire commencée sur terre terminera dans les flemmes, mais par une union de plomb et de paillette, après un souffle de vent et un passage par l’eau, sur et sous, sur un bateau, dans le corps d’un poisson.
Le début et la fin d’une histoire peuvent tenir à peu de choses. Une histoire d’amour peut bien naître de mots, d’un soulier, d’un baiser, … alors pourquoi pas d’une cuillère à soupe mère de vingt cinq soldats.
Nous l’avons donnée à la sorcière [leur chevelure], dirent-elles,
pour qu’elle te vienne en aide et te sauve de la mort.
Elle nous a donné un couteau bien affilé que voici.
Avant le lever du soleil, il faut que tu l’enfonces
dans le cœur du prince, et, lorsque son sang encore chaud tombera
sur tes pieds, ils se joindront et se changeront en une queue de poisson.
Tu redeviendras sirène ; tu pourras redescendre dans l’eau près de nous […].
Mais dépêche-toi ! car avant le lever du soleil, il faut que l’un de vous deux meure.
Tue-le, et reviens !
Il y avait une fois vingt cinq soldats de plomb, tous frères,
tous nés d’une vieille cuiller de plomb : l’arme au bras,
la tête droite, leur uniforme rouge et bleu n’était pas mal du tout.
[…] Les soldats se ressemblaient exactement, un seul était un peu
différent, il n’avait qu’une jambe, ayant été fondu le dernier
quand il ne restait plus assez de plomb. Il se tenait cependant
sur son unique jambe aussi fermement que les autres et c’est à lui,
justement, qu’arriva cette singulière histoire.
Hans Christian Andersen
La Petite Sirène,
Le Vaillant Petit Soldat de Plomb
mardi 7 avril 2020
[…] … il parait qu'après la pluie vient le beau temps… et qu'il n'y a pas de fumée sans feu.
Ce ne sont pas les éléments qui déterminent l'ensemble,
mais l'ensemble qui détermine les éléments…
Georges Perec
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