dimanche 15 septembre 2013

cauchemar de l'atelier de mon grand-père…






Comment les anges faisaient-ils pour s'habiller ?
[…]
Je peux voir comment leurs ailes sortent lorsqu'ils se déshabillent ; 
facile,les vêtements glissent sur les plumes. 
Mais quand ils les enfilent, est-ce que ça les prend à rebrousse-plume ?
[…]
Auraient-ils des boutons ?
Donna Leon, Les joyaux du Paradis.


dimanche 18 août 2013

effacer…



Le présent est indéfini, 
le futur n'a de réalité qu'en tant qu'espoir présent, 
le passé n'a de réalité qu'en tant que souvenir présent.


estomper
gommer
disparaître (faire-)

s'évanouir
(s'esquiver)
s'éteindre

qui n'existe plus
mort
fantôme
passé

rayer
barrer
biffer

taire
masquer
cacher





…qu'est-ce qu'oublier ?


Philosophiquement parlant la mémoire n'est pas un prodige 
moindre que la divination du futur.
L'oubli et la mémoire sont également inventifs. 
Jorge Luis Borges, Fictions, Le rapport de Brodie, Le livre de sable



samedi 10 août 2013

"sens dessus-dessous"…



[suite d'une réflexion sur le plomb]
Laisse l'emploi des mots t'enseigner leur signification.
Wittgenstein, Recherches philosophiques




samedi 27 juillet 2013

suite… "Il ne faut pas prendre les enfants du bon dieux pour des canards sauvages…"



Hector aimait partager les parties de chasse de son grand-père… 
Celui-ci aimant l'eau mais manquant de patience, avait trouvé la chasse au canard comme alternative à ses traits de caractère et affinités…

Hector observait pendant des heures son aïeul et les volatiles… 
Il devait y avoir un truc à inventer…

Un soir, en lisant le dictionnaire, il lut ces quelques lignes qui l'éclairèrent :
"Objet quelconque propre à effrayer les oiseaux… Il semblerait cependant que ces sculptures ou mannequin immanquablement terminent en perchoirs pour les espèces volantes et gazouillantes de nos jardins."
Albert de Frontiosque





(* Art de préparer et de monter des animaux morts, 
de manière à conserver toutes leurs formes.)



jeudi 18 juillet 2013

la créature de limon…






On appela Golem l'homme créé par des combinaisons de lettres ; le mot signifie, littéralement, une matière amorphe ou sans vie.

L'origine de l'histoire remonte au xviie siècle. Selon des formules perdues de la Cabale, un rabbin construisit un homme artificiel – dénommé Golem – pour que celui-ci sonne les cloches de la synagogue et accomplisse les travaux pénibles. Il notait pas, pourtant un homme comme les autres  et il était à peine animé d'une vie sourde et végétative. Celle-ci durait jusqu'à la nuit et devait sa vertu à l'influx d'une inscription magique, qu'on lui mettait derrière les dents et qui attirait les libres forces sidérales de l'univers. Un après-midi, avant la prière du soir, le rabbin oublia d'enlever le sceau de la bouche du Golem et celui-ci tomba en frénésie, courut par les ruelles obscures et déchira ceux qu'il rencontrait. Le rabbin, enfin, l'arrêta et brisa le sceau qui l'animait. La créature s'écroula. Il ne resta que la rachitique figure de boue qu'aujourd'hui encore montre à la synagogue de Prague.

Éléazar de Worms a conservé la formule nécessaire pour construire un Golem. Les détails de l'entreprise remplissent vingt_trois colonnes in-folio et exigent la connaissance des « alphabets des deux cent vingtet une portes » qui doivent être répétées sur chaque organe du Golem. Sur le front on gravera le mot Emet, qui signifie vérité. Pour détruire la créature, on effacera la lettre initiale, car ainsi il restera le mot met, qui signifie mort.


Le livre des êtres imaginaires, Jorge Luis Borges