vendredi 2 novembre 2018

On n'aperçoit rien…











Nous ne le voyions plus que de loin et constations sa présence 
ou son absence…


On n'aperçoit rien, si ce n'est peut-être un espace en attente. En réalité, la construction en est depuis longtemps achevée. 
Si l'on gratte cet espace, s'attarde, ouvre des tiroirs, les fouille un peu, pousse quelques portes, écarte les branches des vieux chênes et hêtres, déplace les pierres de certains murs…, on découvre, au-delà de ce lieu innocemment vide, un territoire dont il est difficile de se faire une représentation concrète.



Aucun son ne parvient… 


Cela tient peut-être du degré d'immobilité atteint ici, beaucoup de ce que notre œil perçoit a l'air suspendu. 
L’espace paraît trouble, manquer de détails ; le temps est incertain, semble s’être (momentanément) perdu. Le visiteur cherche un sens de lecture à ces paysages… L’œil s’accroche continuellement à ces récits absentés, suit la trace des silences. 

La puissance mystérieuse du silence ne tient-elle pas étrangement du fait qu'il reste invisible  ? On sait qu'il est là, on le ressent, remarque immanquablement, mais on ne le voit pas… C’est exclusivement par son absence de visibilité que l’autre village intrigue. C’est seulement parce qu’il se tient coi que cet espace émeut. Il inquiète, chiffonne… non pas parce qu'il "est là", mais parce que nous croyons en sa présence.

Derrière ces silences, il y a quelque chose.
Un paysage est la configuration physique générale d'une région géographique. Songer à la capacité symbolique contenue dans un lieu invisible à l'œil amène à s'interroger sur sa pertinence, sur sa réalité. Où sommes-nous ? À qui/quoi sert cet espace ? Où, comment et pourquoi naît-il ?


Almanach du chasseur
Gustave Renard






Aucun commentaire:

Publier un commentaire